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T'emprisonner dans nos usages,
Supporter nos diseurs de mots,
Qui vont citant à tous propos
Les Jean-Jacques, les Diderots,
Et qui n'ont point lu leurs ouvrages?
Etre oisivement occupé;
Courir, assiéger les toilettes ;
Partager l'honneur d'un soupé
Avec un chanteur d'ariettes ;
A tout moment t'extasier,
Malgré toi prodiguer l'éloge,
Et t'enfermer dans une loge,
Pour applaudir au Serrurier ?
Mais l'oeil de la philosophie
Par-tout découvre des secrets :
Il n'est point de petits objets
Pour qui les voit avec génie.”

With more variety, perhaps, than candour, he thus contrasts the English character with this frivolous picture of his countrymen. He is speaking of the English :

" Je vous admire et je vous aime,

Quand vous ornez d'un diadéme
Le front auguste des talens ;
Quand d'Olfieldt la cendre chérie,
Que n'osent point troubler les loix,
Figure dans une abbaye
Auprès de la cendre des rois :
Mais ne prétendez plus nous plaire,
Quand vous dressez des échafauds ;
Quand votre sanglant ministère
Du glaive ose armer les bourreaux ;
Ou, persécutant des héros
Aussi fidèles que les nôtres,
Fusille un de vos amiraux,
Afin d'encourager les autres."

The mot in this extract is Voltaire's." The conclusion of the ode is elegantly turned.

“ Hume, souris à mes chansons,

Enfans légers de mon délire :
Ma main, parcourant tous les tons,

Aime à s'égarer sur la lyre.
VOL. X. PART 11.

J'oubliois, pour déraisonner,
Le philosophe respectable;
Et ne voyois que l'homme aimable
Qui voudra bien me pardonner.”

Of the Ode to Jean-Jacques Rousseau, the three first lines are excellent.

“ Aristarque éloquent et sage quadrupede, J'aime assez tes sermons; mais ils sont superflus : L'homme est sur ses deux pieds ; c'est un mal sans remède :

and precisely what would be expected from the author of the following lines :

“ Il est un champêtre réduit,

Temple paisible du mystère,
Où l'on s'envole à petit bruit
Loin de l'etiquette sévère,
Qu'en riant l'Amour éconduit.
C'est là que sur une Ottomane,
Qu'ombragent les festons légers
D'un voile errant et diaphane,
Volent les jeux et les baisers :
C'est là que, plus vive et plus belle,
Le feu, là gaité dans les yeux,
Hébé verse le punch aux dieux,
Qui ne s'enivrent qu'avec elle.
C'est là que, vers la fin du jour,
La liberté, convive aimable,
Met les deux coudes sur la table
Entre le plaisir et l'amour.”

Hebe is Mademoiselle Fannier, an actress with whom Dorat is said to have practised the maxims of his theatrical morality.

Much in the same spirit is the Grande Idée morale, addresaur femmes, which contains the essence of the poet's creed in that particular.

“ Oui, Mesdames, la dignité

Dut-elle punir ma franchise,
C'est dans les sens que l'amour puise
Son charme et son activité.
Phænix de la fidélite,
Pénélope s'y trouva prise ;

Le fait dans Homère est cité.
. Ils désarmérent la fierté
De l'inconsolable Arthémise.
Soit par attrait, ou par surprise,
Plus d'une prude en a tâté ;
Et le sentiment si vanté,
N’est qu'un desir qui se déguise,
Pour être plus vite écouté..
La rougeur vous monte au visage ?
Hé bien, tant mieux ; ce coloris
Est leur triomphe et leur ouvrage.
Convenez donc qu'ils ont leur prix,
Sans eux, vous auriez du courage,
Et les plaisirs seroient bannis.
Avec vous enfin, dit un sage,
Le cœur penche pour Adonis ;
Mais Alcide obtient davantage.”

We can only afford another extract. It is an Ode on the death of Garrick, a subject not easily accommodated to the prejudices of French poets. Dorat is both candid and just in his criticisms on Shakspeare, and the most illustrious of his representatives on the stage.

“ De la servitude des sots

Ils ont affranchi leur génie ;
Ils font cas des nobles travaux ;
Chez eux enfin, malgré l'envie,
Les talens ont leurs piédestaux
Près de l'autel de la patrie.
Ne voyons point comme un abus
La belle pomp funéraire
Qu'ils viennent hardiment de faire
A ce moderne Roscius,
Qui charma long-tems l’Angleterre.
La douleur surmontant l'orgueil,
Et faisant taire son murmure,
Des lords ont escorté le deuil,
Jusqu'au lieu de la sépulture.
C'est là, c'est en ce lieu sacré,
Que l'impérieuse éloquence,
Le front morne et décoloré,
S'arrête, et dépose en silence
Son sceptre, d'un crêpe entouré.
A ses côtés, la Tragédie,

Sans diadème, sans poignard,
Levant au ciel un long regard,
Déjà se croit ensevelie
Près du mortel qui, par son art,
L'avoit tant de fois embellie.
Que dis-je, hélas ! même Thalie,
Thalie, étrangère aux douleurs,
Du sort accuse les rigueurs,
Et semble oublier sa folie!
Jettant sa couronne de fleurs
Aux pieds de la parque farouche,
Elle sent mourir dans les pleurs
Le rire égaré sur sa bouche!..
Enfin, partageant ses regrets,
Les trois graces inconsolables
Redemandent les tons si vrais,
Et la dignité sans apprêts,
Et les gestes inimitables
Du confident de leurs secrets.
Dans la même enceinte il repose
Près de ce fameux Sakespir,
Qu'ici l'on tâche d'avilir,
Que, là, pour modèle on propose;
Qui, des fortes émotions
Peignant les chocs involontaires,
Va nourrir ses impressions
Au creux des antres solitaires,
Y recueille tous ces mystères
Qu'arrachent les réflexions,
Et joint sous ses crayons austères,
Au tumulte des passions,
Le trait profond des caractères.

Garrik, fidèle imitateur
De ses différens personnages,
Dort aux pieds du sublime auteur,
Qui, lui renvoyant les hommages,
Semple du doigt montrer l'acteur,

Digne organe de ses ouvrages.”
We will not venture on the contes, in the third volume,
We leave them to the reader's criticism.

We like concluding a critique of an author's works with some little history of himself. We warn our readers, that all we shall hazard with respect to Claude-Joseph Dorat is said on the authority of Grimm, or whoever it might have been, who wrote the account of our author's death in the Correspondance Littéraire, for August, 1780.

Dorat was born at Paris, in 1734. His family was distinguished dans la robe, and in easy circumstances. The poet himself began life with a competent fortune, quite sufficient for the ease of a man of letters, and much more than is usually allotted by fate to the beggarly sons of the Muses. Having, like so many others, gone through the discipline of a legal education, he followed the common example of 'men of genius,' and quitted the bar for the army. His restless imagination scemed quite as uneasy beneath the helmet as it had been under the wig; although he assures us, in one of his epistles, that he left the profession of arms in compliance with the prejudices of an old jansenist aunt, who thought it a hard matter for a man to work out his 'salvation in a red coat and leather breeches. In fact, he lays it at the door of his unfortunate aunt, that, by bis inconsiderate renunciation of the army, he eventually missed the bâton of a marshal of France. Be this as it may, he consoled himself for the fabulous bâton, by other poetical fictions; and his comely person, easy manner, and gay temper, with the assistance of his poetical talents, soon introduced him into all that Parisian society, in which it was then the main object of a young Frenchman's ambition to be inrolled. A pretty notion of his character and manners may be formed from the little engraving which represents the author's head, shoulders, queue, and lace frills, before the title-page of the edition from which we quote. His head-dress is set out in all the dignity of the old French perruque, exposing a placid forehead, a smiling position of the eye-brows and nose, and precisely that curvature of the mouth which indicates that its possessor thinks, feels, wishes, and endeavours to express every thing couleur de rose. On one side, are represented a couple of cooing doves; on the other, the quiver of the god of Love-appropriately, but we think satirically, grouped with a cup and balls; beneath, two chubby little boys, near relations of Cupid, but no way connected with Hymen; and the whole rather copiously bedecked with roses and other amatory emblems, contributed by the goddess of flowers to adorn the deity of Love-and two modest sprigs of something like bays or laurel. The epigraph, which is not good enough to quote, is supplied by the band of Madame la Comtesse, a friend of the author's ; and engraved in the neatest style of Italian writing. There he stands—the hap py Dorat! in all the externals of mundane beatitude.

With all these requisites of a state of complete felicity, such is the hatred which, according to the Greek tragedian, the gods bear to human happiness, that the inoffensive Dorat could not escape entirely from the kicks and buffets of fortune.

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